Carnet des bruits
L’oncle a même commencé un “carnet des bruits” dans lequel il notait les bruits qui faisaient défaut depuis la mort de la tante, c’est-à-dire où il fallait remédier et où mes services étaient nécessaires : les entre-chocs de la vaisselle, le battement des duvets, en épluchant les pommes de terre, en faisant bouillir l’eau pour le thé, l’aspirateur, etc. Non, ce n’était pas les actions qui importaient, mais uniquement les bruits provoqués. Dans ce sens je n’aspirais pas la poussière, je mettais l’aspirateur en marche pour rétablir la normalité, dès fois le reposais simplement dans un coin, le moteur tournant à vide, simplement pour faire plaisir à l’oncle.
Michael Stavarič, Journées incendiaires